Sans doute n’y a-t-il pas de boucle d’oreilles aussi intergénérationnelle que la créole. Elle est souvent le premier bijou offert aux jeunes filles qui se font percer les oreilles. Toutefois, les anneaux n’ont pas toujours été si traditionnels: dans les années 1970, les créoles se faisaient plutôt ethniques ou tziganes, puis elles ont ensuite eu un côté plus clinquant durant la période de 1980 à 1990.

Depuis quelques années, elles reviennent régulièrement dans la tendance, se réinventant constamment. Les variantes actuelles se déclinent en version classique mais avec créativité: doubles, torsadées, miniatures ou maxi, romantiques, irrégulières et graphiques. De quoi permettre à chacune de se projeter et de donner un sens personnel à ce bijou.

En effet, l’anneau a toujours été lié à une certaine idée de la liberté. Ils étaient un symbole d’affranchissement pour les femmes esclaves dans les Antilles du XVIIIsiècle. En Afrique, la femme affichait traditionnellement son statut social selon la grandeur de ses anneaux. Et jusque dans les libertaires années 1970, la créole marquait la femme indépendante, esprit gitane et fière. Arrivés en Europe dans le courant du XXsiècle, les anneaux se portaient en platine et de petite taille, ce qui permettait aux femmes de pouvoir dormir avec. Les Anglais les ont d’ailleurs baptisés «sleeper earrings». Qui a dit que l’on voulait les enlever?

Thomas Sabo, 219 CHF / Tiffany’s, prix sur demande / Swarovski, 59 CHF / Bucherer, 490 CHF /Guérin, 550 € / Dior, 3500 € / Guérin, 1900 € / Calvin Klein, 83 CHF / Bulgari, 2290 €, DR