Quand c’est enfin l’hiver – le vrai, le blanc, le ouaté – l’adresse de montagne qui s’impose depuis une douzaine d’années est Hôtel Bella Tola, à Saint-Luc. On en connaît la déco faussement rétro pleine d’esprit (genre: touffe de fourrure sur les vases de fleurs et lustres en cristal noir); le spa magnifique avec sa tête de cerf sur le mur, au-dessus de la piscine; les linguine aux morilles dans le restaurant charmant; les duvets inoubliables sur les lits à l’ancienne; les tenues de Heidi extravagante de la propriétaire, Anne-Françoise Buchs-Favre… Autant de passages obligés qui se redécouvrent chaque saison avec bonheur. Mais cette année, deux raisons supplémentaires valent le détour dans le val d’Anniviers. Premièrement, l’ouverture, début janvier, du télésiège à 6 places: enfin la piste de la forêt (l’une des plus belles) sans devoir s’ennuyer et geler tout seul sur son remonte fesse à assiette… Deuxièmement, en prenant son thé de menthe fraîche au Bella Tola, après l’effort, on peut aller se choisir un découpage néo-vintage à un prix tout à fait abordable (dès 120 fr.). Le restaurant expose en effet, tout l’hiver, le travail minutieux et plein d’humour d’une jeune genevoise d’origine neuchâteloise de 18 ans, dont la famille skie dans la région de toute éternité. Juliette Merkt réinvente la technique des poyas alpestres. Depuis 5 ans, elle travaille le papier au ciseau et au cutter, ce qui permet de sortir de la traditionnelle symétrie du genre, tout en respectant l’esprit. Coup de cœur pour le fil à linges où sèchent de charmantes culottes et pour les chèvres espiègles. «Les découpages de Juliette» s’inscrivent dans cette lignée qui réinterprète affectueusement la montagne en twistant ses codes. Pas besoin de posséder un chalet pour s’offrir un découpage: dans un intérieur épuré, sous cadre géant, l’affaire prend un charmant air décalé.