Avec ses grandes chambres qui ont plus l’air d’un appartement que d’un hôtel, la Guesthouse fait l’exception de l’hôtellerie suisse et espère révolutionner l’accueil touristique de la région grâce aux conseils de ses clients. 

Le Locle: petite commune de frontière, environ dix mille habitants et – à en croire aux mots de Regula Schiess – un potentiel touristique encore sous-exploité. C’est cette dernière caractéristique qui a poussé la psychanalyste zurichoise et son mari musicologue à ouvrir en janvier 2016 un boutique hôtel au cœur de la ville. Derrière le simple nom Guesthouse, un concept recherché, presque scientifique, qui tient aux esprits analytiques de ses fondateurs. L’endroit se veut avant tout un lieu de discussion et de partage, ses clients une source d’inspiration pour améliorer l’accueil des touristes dans la région. «C’est une sorte de recherche empirique» explique Regula Schiess, propriétaire de la Guesthouse, pour qui rencontrer les gens est fondamental. «En accumulant les témoignages le but est de relever ce qu’on peut faire mieux et ce qu’on devrait développer.»

Le luxe de l’espace

Mais le charme de la Guesthouse n’est pas dû qu’aux discussions constructives. Ici on ne loue pas des chambres mais des studios de 35m2 ou des appartements, tous équipés d’une cuisinette. Tant l’espace est vaste qu’on se croirait chez soi: la formule fait le bonheur des hommes d’affaires qui séjournent dans la région en visitant les entreprises horlogères. «En voyage j’ai toujours regretté de ne pas pouvoir réfrigérer une bouteille de vin ou quelques fruits» raconte la propriétaire. «Nous avons donc choisi une déco fonctionnelle mais jolie, qui soit aussi en quelque sorte antidépressive.» Regula Schiess ne renie pas sa formation professionnelle: elle se rend d’ailleurs encore une fois par mois à Zurich, où elle garde un cabinet et s’inspire du dynamisme de la ville.

Décor antique, confort moderne

La psychanalyste explique qu’elle a déniché le mobilier dans la région et qu’elle a créé les lampes elle-même, après avoir suivi une brève formation. «Et pour choisir les lits nous avons fait des mois de recherches sur les forums de consommateurs» elle ajoute. Rien n’est trop beau, pour garantir le confort de ses hôtes. Côté souvenirs, on y vend plutôt des verres anciens ou des napperons brodés que des cartes postales. Une café-brocante au rez-de-chaussée réunit un petit assortiment en ligne avec la décoration d’intérieur, de quoi régaler les amateurs.

Enfin et surtout, la structure hôtelière occupe un immeuble datant de 1844 classé au Patrimoine de l’Unesco, qui a été entièrement rénové dans le respect des matériaux anciens et selon les standards écologiques actuels. Anciens parquets, carreaux d’époque et mobilier vintage gardent le charme d’antan intacte et les appréciations viennent tout autant des géologues en exploration que des familles en vacances, sans oublier les hommes d’affaires de l’industrie horlogère.

Céline Stegmüller