TREND En solitaires, en bouquet ou en couronne, les fleurs séchées sont les nouvelles amies de nos intérieurs. Et elles n’ont pas attendu le confinement (ce mot qui ne faisait pas encore partie de notre vocabulaire en début d’année) pour avancer vers le devant de la scène. Les questions de durabilité ont en effet atteint l’univers des fleuristes: la débauche d’engrais et de CO2 est-elle raisonnable pour une gerbe qui fane si vite? En esquisse de réponse, la tendance aux arrangements secs s’observe de Paris à Londres, en passant par Zurich. Ces fleurs-ci sont faciles à expédier, et de nombreuses enseignes misent, plus que jamais, sur la vente en ligne, à l’instar des très novateurs Bergamotte à Paris ou Rosa Cadaqués à Gérone et Perpignan, sans oublier, plus près de chez nous, à Gland, Tanja Mougin qui propose sur Kocoon.ch des arrangements délicats. Or, ce retour en grâce n’a plus grand-chose à voir avec les joncs poussiéreux qui décoraient les entrées jusque dans les années 1970. Les créatifs de la fleur misent sur la simplicité délicate, les tons naturels avec quelques brins colorés. Les classiques restent l’eucalyptus et son léger parfum d’huiles essentielles, la craspédie avec ses pompons jaunes ou le lagure ovale (dit aussi gros-minet), une herbe fine et velue. Aérien et subtile, rose, violet ou jaune, le broom bloom fait partie des espèces les plus populaires du moment, tout comme la fougère et les asparagacées. Et l’empreinte carbone? La plupart des fleurs, séchées ou non, sont cultivées en Afrique ou dans les serres néerlandaises, ce qui n’est pas très écolo. Mais des solutions locales existent, comme la start-up suisse Arui qui ne traite que des fleurs bios cultivées dans la région de Lucerne avec ce slogan: «Donner un avenir aux fleurs.»

Par Claudia Schmid Photographie Calypso Mahieu

encore_fleurs_calypsomahieu_02

Arrangement floral Tanja Mougin,  Kocoon.ch