DESIGN À la maison depuis des semaines… Outre les contraintes d’organisation et l’inquiétude ambiante, nous voilà tous en tête-à-tête intime avec ces meubles, bibelots, tableaux, objets de décoration si familiers qu’ils étaient transparents jusqu’à tout récemment. Or soudain, cet univers vibre différemment, mettant en lumière nos choix – heureux ou un peu moins. On se prend à rêver d’un canapé plus spacieux, d’une bibliothèque plus maligne, d’une table plus mobile… Nous avons fait l’exercice et repéré, parmi les nouveautés, les pièces que nous aurions vraiment aimé avoir chez soi, pour ce long séjour entre quatre murs. Nos 7 favoris

Par Renata Libal

1. Pour la simplicité d’usage

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Est-ce un pouf, est-ce un tabouret, est-ce une table d’appoint? Les trois évidemment! Et aussi un repose-pieds, à l’occasion. Ce petit meuble malin se transporte d’une pièce à l’autre comme un panier grâce à son anse tendue de cuir. Imaginé par le créateur de mode danois Soeren Le Schmidt pour la marque Sofacompany, le petit cylindre multiusage s’appelle It et coûte 299 fr. Il allie élégance (évidemment) et durabilité, puisqu’il est réalisé en polyester recyclé. L’entreprise danoise Sofacompany, fondée en 2002, entretient des relations très étroites avec l’atelier vietnamien où elle produit ses meubles et insiste sur l’approche écoresponsable (par exemple, tous ses sites européens sont passés à l’énergie verte ce printemps).

 

2. Pour la beauté des matières

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D’ordinaire, un chariot de service est un meuble assez plouc, qui porte les relents de la ménagère des années 1950. On imagine presque une soubrette le poussant pour servir les liqueurs aux messieurs, dans le fumoir… Or, quand toute la maisonnée campe au salon, il s’avère soudain assez pratique de pouvoir faire circuler ustensiles et autres petits objets de-ci de-là… Et ce modèle du fabricant brésilien Etel est féministe dans l’âme: il appartient à la collection/exposition Women and Design, initialement prévue pour le Salone di Mobile, à Milan – qui a hélas dû être supprimé cette année. À l’origine, dans les années 1980, Etel est un atelier artisanal fondé par la designer Etel Carmona. Aujourd’hui dirigée par sa fille Lissa, la maison a toujours mis en avant les talents féminins. Elle se lance cette année sur la scène internationale avec cette collection réalisée par des femmes designers de premier plan. Dont la célèbre Patricia Urquiola, architecte d’origine espagnole, installée à Milan. Celle-ci a réalisé quatre pièces: une console, deux tables d’appoint et ce chariot de service nommé Cascas (coquillage). La marque est la première manufacture brésilienne à travailler avec du bois tropical provenant d’une gestion durable et c’est celui-ci qui constitue la structure élégante et incurvée du meuble. La surface, elle, est totalement expérimentale, car réalisée dans un mélange de déchets de bois et de résine naturelle.

3. Pour la douceur par terre

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Pour que le sol devienne un espace de jeu, un terrain de sport, une aire de repos… ou une salle à manger, il faut un tapis. Un vrai, un simple, un beau. Le modèle Volentieri Cornice a la force de l’évidence: uni et sobre, il affiche un simple liseré contrasté, sur fond de velours, pour souligner les bordures aux coins dentelés. Ce travail tout en retenue luxueuse est le fruit de la collaboration entre la designer française Inga Sempé (qui donne, elle aussi, à sa manière, dans la ligne claire comme son père, le dessinateur) et la marque italienne Magis. Les tapis sont tissés puis tuftés à Venise, selon une technique traditionnelle. Le modèle Cornice est réalisé en lin (97%), alors que les lisérés sur velours sont en viscose.

4. Pour la bonne humeur

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Ce n’est pas le moment de hanter les fleuristes, mais on peut couper une branche en forêt ou faire pousser deux tulipes sur son balcon. Pour les mettre en valeur chez soi, s’il ne fallait qu’un seul vase, ce serait celui de l’énergie positive. Jaune comme le soleil, rond comme le bonheur, simple comme un haïku, le modèle en porcelaine de 19 cm de haut est en vente à 264 euros (+ 20 euros de livraison), sur le site la maison allemande www.fuerstenberg-porzellan. Il appartient à une petite collection nommée Edition Möller, qui réédite des vases très épurés des années 1930 à 1950, réalisés à l’époque par l’un des céramistes les plus productifs du siècle dernier, Maxime von Siegfried Möller. La manufacture de porcelaine Fürstenberg est en activité depuis 1747 sur son site d’origine et continue à collaborer avec des artistes.

5. Pour la poésie

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À défaut de pouvoir se prélasser dans un parc, cette table basse fait office d’arbre de salon, avec ses trois plateaux qui s’ouvrent comme des feuilles géantes sur leurs branches de chêne massif cérusé blanc. D’ailleurs c’est bien ainsi que la table s’appelle: Leaf, comme feuille. Un motif de dentelle gravé dans l’Altuglas rappelle les nervures – et accessoirement simplifie le nettoyage de la surface transparente, un enjeu toujours délicat. La marque française Roche Bobois a fait appel au duo de designers Antoine Fritsch et Vivien Durisotti pour cette réalisation empreinte de poésie. Leur studio de la région parisienne Fritsch + Durisotti compte une petite dizaine de talents et s’est fait une réputation dans une approche très délicate et humaine: des meubles et objets qui incitent au partage et à la communication. À souligner: la table à 2240 fr. est de fabrication européenne.

6. Pour la légèreté

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À l’origine, le banc est un concept d’extérieur: on visualise d’emblée, comme le veut la chanson, les amoureux qui s’y embrassent en public. Or, par la grâce des lobbies d’hôtel et des salles de musée, le banc s’est progressivement acclimaté à l’intérieur. Il continue de fonctionner comme un îlot de paix dans la tourmente, un lieu où l’on se pose pour réfléchir ou causer. Mais il peut aussi servir de sofa d’appoint, de couchette éphémère, voire de point d’appui pour un lecteur installé sur le tapis. L’avantage, c’est que ce petit meuble facile à déplacer peut changer entièrement la configuration d’une pièce, selon les envies. Parmi les nouveautés dans ce registre, la ligne Clive dessinée par Rodolfo Dordoni pour l’éditeur italien Minotti est particulièrement séduisante – et luxueuse. Disponible en cinq tailles et une multitude de revêtements et finitions (dès 3000 fr. environ), cette banquette s’ancre au sol par d’élégants pieds de métal satiné, en forme de lame.

7. Pour la verdure éternelle

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La marque de design italienne, Emu, s’est imposée, en presque 70 ans d’histoire de goût, comme la référence absolue dans le mobilier de jardin – toujours pratique, plein d’esprit… et fabriqué en Ombrie. Outre les chaises longues et autres parasols, la collection propose un drôle de cactus en acier et tôle étirée. Le Ficus (c’est son nom, bien qu’il ressemble à un Opuntia) se présente comme une plante résistante aux intempéries, mais on préfère tout de même l’installer à l’intérieur: elle amène du vert joyeux et ne nécessite nul arrosage. La pièce de base propose quatre feuilles en forme de raquette (vert clair ou vert foncé, à choix, pour 2922 fr.) auxquelles on peut accrocher des modules complémentaires pour illusion d’un cactus qui pousse, et même des fleurs rouges et ou des lampes en forme de fruits. Effet surréaliste garanti, avec ce compagnon à taille humaine (178 cm, pour 53 kilos).