Le tourisme industriel met en lumière le savoir-faire et la vitalité économique du pays. Voici dix escapades industrielles.

1. FREITAG Bâches de camion à tous les étages

Chez Freitag, la récupération ne concerne pas seulement les bâches de camion qui sont transformées en sacs ou vêtements (soit près de 55 000 unités par an), mais la production elle-même. L’eau de pluie est collectée sur les toits du centre de production de Zurich-Oerlikon, et sert à laver les bâches. Elle est ensuite réutilisée plusieurs fois lors des différents cycles de lavage. Difficile de dire ce qui est le plus impressionnant: la citerne d’eau de pluie, l’arrivée des bâches, à leur découpe sur des tables immenses et à leur lavage dans d’énormes machines à laver. Les designer interviennent ensuite, munis de cutters pour tailler les différentes parties des sacs dans le matériau récupéré pour fabriquer des pièces totalement unique.

En groupe, sur inscription et réservation. Durée de la visite guidée, 1 h 30 à 2 h, 250 fr./groupe. Freitag Nœrd, Zurich, www.freitag.ch/fr/noerd

2. CAILLER Voyage au pays de la fève

Tablettes et pralinés sont fabriquées à Broc avec une seule exigence: utiliser du lait condensé en lieu et place du lait en poudre. Pas moins de 300 000 chocolats sortent chaque jour de la fabrique de Broc. Après un parcours interactif sur l’histoire du chocolat et une salle des matières premières, on découvre une ligne de production des branches Cailler, avant d’assister à une fabrication plus artisanale de douceurs chocolatées. La dégustation finale reste le point d’orgue de cette belle visite. On peut également participer à un atelier pour fabriquer une plaque personnalisée.

Tous les jours de 10 h à 18 h (sauf 01.01 et 25.12), réservation en ligne conseillée. 15 fr., 1 h. Maison Cailler, Broc (FR), www.cailler.ch

3. KAMBLY Tout l’univers d’un papillon à croquer

La riche terre de l’Emmental offre d’excellentes matières premières: farine et lait. Comme aux premières années du XXe siècle, le moulin et la laiterie de Trubschachen fournissent Kambly, la biscuiterie familiale devenue leader suisse de la branche. Les fameux Butterfly ont plus de 100 petits frères et sœurs. On peut les déguster si on se rend à Trubschachen où se déploie l’univers Kambly. A part manger (et acheter), on assiste au travail en laboratoire des maîtres confiseurs, on regarde un film détaillant les processus de fabrication et on s’émerveille devant
la reconstitution de la première boulangerie. On peut aussi participer aux ateliers pour réaliser ses biscuits, mouler son Saint-Nicolas, créer sa maison en pain d’épices.

L’univers de Kambly, gratuit, ouvert tous les jours de 8 h 30 à 18 h 30 (sa et di 17 h). Participation aux divers ateliers payante, inscriptions en ligne. Kambly, Trubschachen (BE), www.kambly.com

4. TONNELLERIE THURNHEER Les secrets d’une barrique

Quand on sait que Martin Thurnheer a fait son premier tonneau à 10 ans, on se dit qu’il y a trente-six ans, ce fils et petit-fils de tonnelier aurait aussi pu naître dans un tonneau. Dans son atelier de Berneck, pas loin du Rhin, Martin fabrique quelque 200 barriques par année, mais aussi des cuves sur mesure, jacuzzis, jardinières, foudres hauts de 3,5 m, et même cabines de douche! Du choix du bois, chêne ou mélèze suisse ou français, qu’il fend et scie, au cerclage en passant par la mise en rose, la chauffe, le cintrage, l’homme fait tout et détaille l’entier du processus, démonstrations à l’appui. La visite se conclut avec un verre de vin du coin.

Inscriptions pour visite en groupe sur rendez-vous (payant), au 071 744 15 31. 1 h 30. Tonnellerie Thurnheer, Berneck (SG), www.kueferei.com

5.FELDSCHLOSSEN Un château pour une blonde

Le choix offert par Feldschlösschen, première brasserie et plus grand distributeur de boissons en Suisse, est impressionnant: plus de 40. La préférée reste la Feldschlösschen originale.L’entreprise, née en 1876 et passée en 2000 dans les mains de Carlsberg, est à la taille de cette affection, avec ses 1200 employés sur 21 sites, sa production de 340 millions de litres et surtout, son château au bord du Rhin, aux portes de Bâle. La salle de brassage Art nouveau, avec ses cuves en cuivre, ses marbres et ses catelles bleues vaut bien une salle de bal.

Inscription obligatoire au 058 123 42 58 ou en ligne, env. 20 fr. Feldschlösschen, Rheinfelden (AG). www.schlossbesuch.ch/fr

6. LA SEMEUSE Torréfaction à 1000 m d’altitude

Près de 25 000 sacs de café vert, 10% de robusta et 90% d’arabica, provenant de plantations sélectionnées, sont importés chaque année par La Semeuse à une altitude de 1000 m. Cette situation géographique présente des avantages: la température ne porte pas atteinte aux arômes, ni aux saveurs des grains. La pression atmosphérique étant plus basse, l’ébullition se fait à une température moins élevée, ce qui agit favorablement sur la qualité des cafés. L’étape de la torréfaction qui est impressionnante et qui fait la réputation de La Semeuse. Les cafés sont passés dans des torréfacteurs à tambour. Cette méthode artisanale est couplée à des outils modernes.

En groupe (8 à 20 personnes), sur inscription et réservation en ligne . Durée de la visite, 2 h, 8 fr. La Semeuse, La Chaux-de-Fonds (NE), www.lasemeuse.ch.

7.KUHN RIKON Le nez dans la rolls de la casserole

Qui ne connaît pas Duromatic, l’autocuiseur qu’on appelait marmite rapide? Depuis son lancement en 1949, 12 millions de ces casseroles ont été vendues. Mais avant, en 1926, il y a eu la Duro, première batterie de cuisine pour plaques électriques. Aujourd’hui, la fabrique Kuhn Rikon, équipée d’un staff de designers et de ses 200 employés, multiplie les gammes d’ustensiles et de batteries de cuisine. Ils sont en vente partout dans le monde, y compris dans la boutique du MoMA à New York. Et figurent en bonne place dans la cuisine de Paul Bocuse.  Après la découverte, dans le petit musée, d’anciennes traditions et objets culinaires, on assiste à la fabrication d’une casserole, de la plaque de métal à la fixation des poignées. On constate alors qu’une casserole est un objet à exposer plutôt qu’à cacher.

Musée ouvert les mercredis à 14 h sur réservation. Gratuit. Visite du centre de production, 2 h, dès 10 personnes. Inscriptions au 052 396 01 01. Kuhn Rikon, Rikon im Tösstal (ZH) www.kuhnrikon.com

8.ZENITH L’épopée d’un chronographe

La marque Zenith, 150 ans d’histoire et logo à étoile, a été la première à s’ouvrir au public pour transmettre sa passion du métier. Plus de 1400 visiteurs se sont rendus au Locle l’an dernier. L’expérience immersive est si concluante qu’une exposition «Monde étoilé» virtuelle tourne actuellement en Asie et cap sur le Moyen-Orient en 2020. Outre les divers métiers, l’accent est mis sur l’épopée du calibre El Primero, premier chronographe automatique, ultraprécis, qui fête ses 50 ans. Espace très émotionnel, le grenier historique rappelle que l’horloger Charles Vermot a caché là les éléments essentiels de ce mouvement, à l’insu du propriétaire d’alors, quand il eut été décidé de ne produire que du quartz. Ce trésor enfoui a permis de relancer la production de cette icône en 1984.

Tous les vendredis matin, inscription en ligne, 3 h, 40 fr. En français (anglais, allemand, espagnol, japonais et chinois avec audioguide).  Zenith, Le Locle (NE). www.explorewatch.swiss/zenith. .

9.BARRAGE DE LA GRANDE DIXENCE Le plus haut du monde

Une hauteur de 285 m de haut, un poids de 15 million de tonnes (trois fois la pyramide de Khéops), 6 millions de m3 de béton, 375 000  m3 d’eau retenue… la Grande-Dixence, barrage-poids – résistant à la pression de l’eau par son propre poids – est le plus haut du monde. Construit en huit ans, mis en service en 1961, il est la pièce maîtresse d’un système de captage des eaux de 35 glaciers qui alimente des centrales hydroélectriques souterraines et produit plus de 2 milliards de kWh, soit la consommation de 500 000 ménages. Pénétrer dans les entrailles du monstre et marcher dans ses galeries, c’est prendre la mesure de son épaisseur, de 195 m à sa base pour 15 sur sa crête, et aussi le sentir respirer. Car le mur bouge d’une dizaine de centimètres selon la masse d’eau retenue.

Vu l’altitude de 2365 m, le ventre du barrage se visite de mi-juin à fin septembre. 4 visites guidées quoditiennes de 1 h 15, 10 fr., ou 14 fr. avec la montée en téléphérique. Réservations au 027 328 43 11. Barrage de la Grande-Dixence, val des Dix (VS)www.grande-dixence.ch/

10.GÖSCHEN Sueurs froides au pied de la tour

La centrale Le projet de Gösgen naît en 1969 alors que la centrale expérimentale de Lucens est stoppée à la suite d’un accident. Dix ans plus tard, en 1979, le réacteur à eau pressurisée de Gösgen entre en service: il s’agit de la quatrième – sur cinq avec Leibstadt dès 1984 – centrale nucléaire suisse et la première à dépasser la barre symbolique des 1000 mégawatts de puissance brute (1060). Quelque 550 personnes travaillent sur le site à Däniken, entre Olten et Aarau. Actuellement, Gösgen produit 8 milliards de kWh d’électricité couvrant environ 15% de la consommation électrique suisse.  Se retrouver au pied des 150 mètres de la tour de refroidissement donne presque des sueurs… Mais on n’y entre pas, au contraire des salles de commande et des machines – grosses turbines et réservoirs. Dans un pavillon dévolu, outre les explications sur la fission, on accède à une «chambre à brouillard» qui rend visible la désintégration des noyaux d’atomes.

Visite guidée de 3 h sur inscription, gratuite, au 0800 844 822 ou en ligne, dès 12 ans. Pavillon d’infos ouvert lu à sa de 8 h à 17 h.Centrale nucléaire de Gösgen, Däniken (SO), www.kkg.ch