Les esthètes prendront sans doute, comme chaque été, la direction d’Arles et de ses Rencontres photographiques qui animent la ville camarguaise de visions étonnantes. Parmi les multiples expositions, ils ne devraient pas manquer le Prix Dior, attribué pour la deuxième année consécutive à des talents émergents, repérés dans les écoles d’art autour du monde. Les œuvres de dix candidats ont été sélectionnées, sur le thème de la beauté et de la couleur, et l’un deux se verra décerner la somme de 10 000 euros, ainsi qu’un travail de commande pour la belle maison de mode, le soir du vernissage. Le jury (présidé par la photographe française Dominique Issermann) a choisi des œuvres éclectiques, passant de l’inspiration mystique à des autoportaits poétiques, entre Londres, Séoul ou Johannesburg. Le coup de cœur de la rédaction d’encore! revient à la photographe de mode mexicaine Ana Blumenkron. Son univers vitaminé cache à peine une note poignante comme une blessure que l’on cherche à oublier. Ses fonds sont réalisés dans une polychromie de nappes de toile cirée, comme autant de souvenirs d’enfance. Entre stridence et nostalgie, ses femmes assument le panache de n’en faire qu’à leur tête.

Renata Libal