Ce parfum aux couleurs de l’enfance raconte une histoire joyeusement potagère: le plaisir de cueillir en plein soleil et grimacer de plaisir en mordant la tige. Bienvenue un monde de sensualité rafraîchissante.

Drôle de couleur pour une senteur… Non, il ne s’agit pas d’un sirop grenadine, ce serait trop simple. Pour appeler le printemps, mieux vaut cette Eau de rhubarbe écarlate, qui interprète l’essence de cette herbacée des jardins avec une grande finesse. L’idée est d’évoquer la dualité de la plante: elle croque quand on la cueille mais s’attendrit avec moelleux quand on la sucre sur une tarte. Et sa couleur? Est-elle verte ou plutôt rouge? Le versant gourmand de l’odeur est renforcé d’une touche de musc, pour plus de rondeur et de volupté. Un splash de ce tout nouveau parfum, c’est s’envelopper de fraîcheur et de bonne humeur.


La maison Hermès donne dans la parfumerie de qualité depuis 1951, mais la collection des Colognes et un monde à part, où les aficionados attendent avec impatience chaque nouveauté. Chaque senteur tourne toujours autour d’une essence végétale très joyeuse et légère, dont il convient de s’asperger généreusement. On ne présente plus la célébrissime Eau d’orange verte, lancée en 1979, comme première de cette lignée: elle est un classique du genre que femmes et hommes se partagent (s’arrachent?) dans la salle de bains (comme toutes ces Colognes d’ailleurs…). Les eaux de gentiane blanche, de pamplemousse rose, de narcisse bleu, de mandarine participent à la famille agrandie, qui compte actuellement sept membres.
Le flacon la bouteille est inspirée d’une lanterne de calèche, comme un zoom sur le logo de la maison voyageuse. Les eaux de Cologne déclinaient jusqu’à présent les nuances de vert, jaune, bleuté, mais le rouge de la rhubarbe renouvelle le genre.

La parfumeuse Cette senteur marque d’une pierre… rouge l’installation, depuis le 1er janvier de cette année, de Christine Nagel comme «Parfumeur – Directeur de Création» d’Hermès parfums. La Suissesse de 56 ans signe là son premier parfum en solo pour la maison. Son nez, elle ne l’a pas exercé dans les plantations de roses à Grasse, mais lors de ses études en chimie organique à l’Université de Genève. Elle a ensuite rejoint le département de recherche de Firmenich, puis monté le service de chromatographie chez Créations Aromatiques, avant de s’en aller vers Paris et l’univers des rêves luxueux. Elle signe un parfum pour Cartier, Miss Dior Chérie, Narcisso Rodriguez for her… Puis, en 2014, elle est nommée parfumeur maison chez Hermès. Durant deux ans, elle y travaille aux côtés de l’extraordinaire Jean-Claude Ellena – un monument de la parfumerie – et elle reprend aujourd’hui les rennes qu’il lui a confiés à son départ.
L’eau de rhubarbe sort en même temps qu’une autre colonne: l’eau de néroli doré. Celle-ci joue les accords de fleurs d’oranger et de safran et c’est la senteur d’adieu de Jean-Claude Ellena, qui prend sa retraite. Deux parfums pour un dialogue en deux temps.

Même si elles existent en mini portion (à 35 fr), il faut acheter les eaux de Cologne en grands flacons de 200 ml (167 fr.). Le geste doit être ample ! On préfère d’ailleurs l’accès direct au parfum, sans le spray, simplement en dévissant le bouchon. Pour faire durer la sensation tonique, on ajoute le gel douche (dès 46 fr.), le savon (23 fr.) ou le baume hydratant (69 fr.). Cher? Sans doute, mais on peut utiliser tous ces produits en couple…