Tout est dans l’emballage, ou presque, n’en déplaise au moine de l’adage. Et à Noël, on peut dire que c’est la fête du papier cadeau. D’autant qu’il a merveilleusement évolué, délaissant bougies, clochettes, angelots et sapins pour se muer en œuvre d’art aux motifs graphiques ou figuratifs espiègles. On pourrait presque l’épingler au mur tant il est devenu rafraîchissant. Les causes du réveil du papier cadeau sont multiples. Il y a d’abord l’extraordinaire come-back de la papeterie dans toutes ses formes, carnets, cartes, boîtes ou… précisément papier. Celui qui prend le temps d’écrire à la main ou d’emballer un objet désire aussi toucher quelque chose de beau. Les magasins de papéterie R.S.V.P. à Berlin ou Papier Tigre à Paris – qui cartonnent – ne vendent que des produits soignés, exclusifs et novateurs. Autre facteur: l’arrivée des illustrateurs et des designers en textile dans la branche, par la grâce de la digitalisation et des facilités de transfert que celle-ci offre. Et voilà leurs motifs reproduits sur tissus, sur cartes, et justement sur papier cadeau. Les plus belles réalisations de cette nouvelle école graphique sont anglo-saxonnes. Pourquoi les Américains et Les Britanniques galopent loin devant dans ce domaine s’explique sans doute par leur folie des décos de Noël. En enveloppant nos offrandes dans leurs papiers, on leur pique un brin de leur si joli délire.

Claudia Schmid