Boucle d’oreille Delphine, avec tourmaline Paraiba et diamants, par Ana Khouri.

Par Estelle Lucien

TREND Elle fait tourner les têtes des gemmologues. Sa couleur bleu néon électrise les joailliers. Son nom évoque un territoire qu’on dirait sorti d’un rêve. La tourmaline Paraiba, officiellement catégorisée semi-précieuse, s’est hissée en quelques années au rang des rubis, émeraudes et diamants. Son carat peut se négocier à plus de 100 000 francs.  Pourquoi telle folie? Le joli caillou est, dans l’espace-temps gemmologique, un nouveau venu. «Peu de monde la connaît», affirme Martin Julier, gemmologue chez Bucherer. C’est en 1989 qu’un mineur, Heitor Barbosa, a extrait pour la première fois cette pierre d’un bleu intense dans une roche de l’Etat brésilien du Paraiba. Le gisement, pris d’assaut, est aujourd’hui déjà presque épuisé. «On trouve encore des pierres mais pas plus de 1 carat», selon le spécialiste. Ce qui n’a fait qu’accroître la désirabilité des tourmalines extraites de ce site, lequel est entré dans la liste des mines légendaires à l’instar de Golconde en Inde pour les diamants. C’est ainsi que ce type de tourmaline continue à être qualifié de Paraiba quand bien même la pierre a été extraite ailleurs. En Afrique en l’occurrence, où d’autres mines ont été mises à jour, au Nigéria en 2001 et au Mozambique en 2005. «Mais, il s’agit de mines secondaires», explique Martin Julier. Il semble en outre que la couleur, bleu-vert, soit un peu moins soutenue, une différence toutefois peu détectable en dehors du cercle des initiés. Les laboratoires scientifiques sont équi­pés pour établir les certificats et déterminer la provenance de ces tourmalines à la composition chimique complexe. C’est la présence de cuivre et de manganèse qui donne à la paraiba ce bleu saturé. «Une couleur presque irréelle qu’on ne connaissait pas en joaillerie jusque-là, relève Martin Julier. Quand vous la portez, tout le monde la remarque.»