L’objet Davantage qu’un chapeau, voici presque un parasol portable. Les bords de cette capeline aux couleurs toniques ondoient dans la brise et protègent même les épaules de leur ombre bienveillante. Il n’est pas certain que les 400 fr. que coûte ce bel accessoire représentent un investissement durable, mais les dames stylées à la fibre nostalgique sauront s’en inspirer quand elles partiront en quête de leur couvre-chef pour l’été. Ah oui, un détail encore: un bouton et une anse sur le rebord permettent de maintenir l’objet plié en deux et de le transporter au bras, comme un panier, dans les instants où l’on désire un rapport plus direct avec le soleil.

La tendance Il y a eu les casquettes, visière devant ou derrière, puis les chapeaux de paille que filles et garçons portent en été, avec cette décontraction un peu titi, qui fait penser au Paris de l’après-guerre. Cet été, la panoplie des accessoires de tête s’enrichit du modèle capeline, avec ses larges bords, éventuellement son ruban gros grain. L’effet est délicieusement hippie chic, parfait avec une ces jupes longues fleuries qui poussent actuellement dans les vitrines. Et une paire de grosses lunettes de soleil. Si, à l’origine, au XIVe siècle, ce modèle était conçu pour protéger les paysannes lors des travaux des champs, on le retrouve plus tard en diverses matières nobles. Et que dire de l’inénarrable capeline rose de Catherine Deneuve dans «Les Demoiselles de Rochefort»? Du bonheur sur la tête! On trouve aujourd’hui des modèles en paille… pour une paille. Mais en couleur, c’est mieux!

La marque Ce n’est sans doute pas un hasard si la capeline de luxe à rayure est produite par un fabriquant de maillots de bains (le français Vilebrequin) plutôt que par un chapelier. C’est qu’elle s’inscrit dans un esprit plage de luxe, qui relève exactement de l’héritage de la marque lancée à Saint-Tropez en 1971. Le fondateur, Fred Prysquel, était photographe et journaliste sportif. Il a taillé son premier short de bains de surfeur (à l’époque, il n’y avait guère que des slips de bain en Europe) dans une toile bariolée de spinnaker. Aujourd’hui, la marque a été rachetée par le groupe américain G-III Apparel Group et ses modèles, féminins comme masculins, sont diffusés dans 600 points de vente de par le monde.

La capsule Comme les grands de la mode, Vilebrequin lance chaque été une collection limitée, en collaboration avec un créateur. La capeline s’inscrit ainsi dans une ligne de 44 pièces (surtout des maillots de bain athlétique, avec des jeux de trompe-l’œil) dessinée par Jean-Claude de Castelbajac, le designer de mode le plus pop de la culture française. Les maîtres mots sont couleur et gaîté, au cœur de l’identité des deux marques. La collection s’adresse surtout aux femmes, puisque Vilebrequin et à la base une marque masculine et que c’est le marché féminin qu’il s’agit de conquérir.

RENATA LIBAL