Il est plus connu pour faire rugir un gorille que pour donner l’heure. Et pourtant. C’est sur
une montre que Richard Orlinski s’est illustré cette fois-ci. Le designer français le plus vendu
dans le monde s’est associé avec Hublot pour créer la Classic Fusion Aerofusion Chronograph
Orlinski, un garde-temps comme une « boule à facettes », qui renvoie la lumière grâce à son
architecture biseautée où pliages, arêtes et angles se reflètent.
Ce soir-là, dans la galerie Markowicz Fine Art et dans la boutique Hublot au cœur de Miami
Design District, l’artiste contemporain présente la pièce entouré de son bestiaire
multicolore : crocodile en résine rouge, panthère dentelée en aluminium, cheval bleu dressé
sur ses pattes arrière… Populariser l'art en le rendant accessible au plus grand nombre, voilà
ce qui anime Richard Orlinski. Casser les codes, être où on ne l’attend pas, c’est le leitmotiv
de Hublot au quotidien. Bingo ! Les points communs étaient trop beaux pour être ignorés. Le
lancement de cette série limitée à 200 exemplaires pendant Art Basel Miami est aussi un
symbole fort et réussi. Il fallait jouer des coudes lors de l’évènement pour approcher la
montre au poignet d’un des célèbres Kong qui martèle son torse de ses poings.
Richard Orlinski admet volontiers le succès de cette association. Cependant, il le superpose à
des critères argumentés : « L’objectif du partenariat avec Hublot repose bien sur un désir de
travailler ensemble et de réaliser des modèles, que l’on souhaite perçus comme la fusion de
nos deux univers. Il est vrai que nous partageons les même valeurs : dans le positionnement
et dans un côté dynamique de développement très puissant. » L’artiste, pour qui l’art ne se
conçoit qu’à la fois décomplexé, exigeant mais en allant à la rencontre de celles et ceux qui
n’ont pas pour habitude de pousser les portes des musées ou des galeries d’art, loue la
liberté d’expression offerte par Hublot. « Aucune autre marque ne m’avait jusqu’alors
permis d’aller aussi loin dans la collaboration dans le sens où la forme du boîtier de la
montre a été complètement modifiée.»
Ricardo Guadalupe, CEO de Hublot, a un discours similaire : «La silhouette tridimensionnelle
de cette sculpture qui donne l’heure a nécessité de repenser complétement la construction
de la boîte qui voit ses facettes se prolonger jusque sur tous les contours de la lunette».
C’est en considérant cette situation, « une refonte du design original », que la notion de
collaboration artistique prend ici tout sens. Dit autrement, Richard Orlinski a réussi son
intronisation avec brio. L’artiste français a la tête d’une arche de Noé pop fait désormais
partie de la famille Hublot aux côtés de Maxime Büchi, Lapo Elkann, Pelé, Lang Lang, Bar
Refaeli, Usain Bolt ou encore Dustin Johnson.

Mathilde Binetruy