Du glamour, de la mode et des articles de luxe. Le titre «Chaussures italiennes» vient d’une armoire à chaussures dans laquelle Sylvie Fleury a dressé ses talons hauts les plus extravagants.  L’artiste contemporaine suisse réalise ainsi une exposition à l’institut suisse de Rome, du 23 mars au 30 juin. Dans cette dernière: des installations créées spécialement pour l’événement, mais également d’anciennes réalisations. L’occasion de voir ou revoir sa création «Miracle»: le mot géant (dix mètres de large et 1,50 m de hauteur) en néon violet très girly trône au même endroit depuis 2016 et a conquis le public romain.

Une artiste néoféministe 

Dans ses installations où la femme est omniprésente, Sylvie Fleury met en scène de manière glam’ de beaux objets,…mais pas uniquement: elle se les approprie et les prive de leur fonction utilitaire. L’inspiration de l’artiste de 57 ans? Le monde de la consommation, de la publicité et de l’apparence. Sylvie Fleury détourne les symboles de la réussite sociale et les objets de la société de consommation. Le but: remettre leur signification en question et en proposer un regard critique. Dans ses œuvres, elle insiste sur la place importante faite aux marques et labels, rappelant quelque peu la démarche d’un certain Andy Warhol. L’artiste dénonce ainsi une société du paraître. Mais à l’inverse, elle voit dans le shopping et le maquillage des actes de plaisir. Sylvie Fleury revendique ainsi le droit des femmes à la consommation. Ses œuvres réinventent notre relation avec l’art. Et le féminisme.

Sylvie Fleury, autodidacte, est née en 1961 à Genève, où elle vit et travaille. A la fin des années 1980, elle part étudier dans une école de photographie à New York. A son retour, l’artiste crée une première collection d’objets portant le sigle de la Croix-Rouge, avec le pseudonyme de Silda von Braun. Elle devient ensuite l’assistante de John M. Armleder, un plasticien lui aussi genevois. Dans sa carrière, Sylvie Fleury a participé à plusieurs biennales, dont celle de Venise en 1993 et de São Paulo en 1998. En 2018, elle est lauréate du Grand Prix suisse d’art/Prix Meret Oppenheim.