«Je n’aime pas son visage. Elle devrait juste montrer son dos», avait lancé Karl Lagerfeld au sujet de Kate Middleton. La mode, celle que nous voyons dans les magazines et sur les réseaux sociaux, a l’habitude de se dévoiler de face. C’est un fait: à notre époque, nous sommes obsédés par les visages. L’exposition «Back Side», organisée hors ses murs par le musée de la mode de Paris cet été, ne fait pas dans ces habitudes. L’événement retrace l’évolution des différentes manières d’habiller – ou dénuder – nos arrières. Une centaine de vêtements et accessoires de haute couture du XVIIIe siècle à nos jours seront ainsi soigneusement présentés aux visiteurs.

Car oui, ce dos, parfois mis de côté, a été exploité dans le monde des défilés. Et plus tôt qu’on ne pourrait le croire: dès le début du siècle des Lumières, les traînes commencent à mettre en valeurs ce petit timide – la robe du mariage civil d’Astrid de Belgique sera exposée. Deux-cents ans plus tard, début du XXe siècle, les décolletés se creusent, les dos se dénudent, ils deviennent sexy. Les peaux claires sont mal perçues, le bronzage est en vogue. Les mœurs changent, et l’exposition nous interroge sur la perception que nous avons de notre dos, et de celui des autres. Au fil des années.

Exposition «Back Side», organisée par le Palais Galliera, au Musée Bourdelle, Paris, du 5 juillet au 17 novembre