Alors, pour résumer:

  1. Quand une fille pique un pull de laine dans l’armoire de son chéri (pour passer la journée au chaud dans les effluves de son parfum) on dit qu’elle est amoureuse et c’est joli.
  2. Quand elle essaie de porter son jean (c’était il y a quelques années), le tissu pend sur ses fesses et lui fait des formes pas mignonnes du tout. Du coup, l’industrie textile lance une nouvelle forme de jean, plus large, mais tout de même resserrée à la taille, et tout le monde l’appelle «boyfriend jean». Il ne s’agit plus du vrai denim emprunté dans une vraie penderie, mais d’un succédané qui fait semblant. Il dit en gros: «J’aimerais avoir un amoureux à ma taille».

Et voilà que pour compléter la panoplie des vrai-faux emprunts affectifs, la marque Chanel lance une (très belle) montre cet automne, qui s’appelle justement Boyfriend. La forme reprend l’octogone cher à Mademoiselle, ce même octogone qui rappelle le cabochon du parfum N° 5, le tracé de la place Vendôme et la forme de la montre Première. En résulte une pièce sobre et intemporelle, déclinée en or beige ou en or blanc, inspirée du vestiaire des hommes.

On aime les angles biseautés et les finitions satinées. On aime le cadran opalin sans chiffres. On aime ce poignet un peu garçon manqué, bracelet croco, qui va si bien avec un veston. Du masculin, mais clairement féminisé.

Ce que raconte cette montre? Que celle qui la porte est une femme indépendante, qu’elle n’a pas besoin d’homme dans sa vie pour choisir ce qu’elle met le matin. Evidemment, on préfère la version à mouvement mécanique à remontage manuel. Un vrai geste de mec.