TREND Faut-il qu’elle soit religieuse? Pas forcément. La figure de la Vierge n’est pas très cotée sur le marché de la tendance. Pas d’avantage que celle de sainte Rita, patronne des causes désespérées. Pourtant c’est bien l’aura protectrice qu’invoquent les médailles que l’on voit apparaître sur les gorges des filles au style pointu. A défaut d’être ouvertement spirituelles, ces plaques rondes au bout de leur chaînette (fine) se veulent pour la plupart d’inspiration céleste: bienvenue aux signes du zodiaque, aux soleils et étoiles, à l’oeil protecteur, aux signes cabalistiques et même aux trèfle à quatre feuilles. Le charme opère de bas en haut de la chaîne du luxe, avec, par exemple, cet amusant motif d’empreinte de chat Thomas Sabo ou, dans une gamme plus précisieuse, la toute nouvelle collection de médaillons Jeu de liens Harmony de Chaumet, qui propose deux moitiés de cercle tenues ensemble par un lien d’or croisé. Une marque comme l’américaine Foundrae, lancée en 2015 par les époux Beth et Murat Bugdayci, se base même entièrement sur les symboles glanés dans divers cultures et époques pour donner force et confiance à celui qui les porte.

S’il est un bijou sur lequel personne n’aurait parié, il y a quelques saisons, c’est bien le médaillon. Toute une génération – oui, celle des boomers – en a porté dans l’enfance, souvenirs de baptême à une époque où ce type de rituel se pratiquait encore à large échelle et que la marraine offrait un angelot dodu à porter au cou. Mais à l’adolescence, le grigri retournait dans sa boîte, au profit de pièces plus créatives. Le renouveau du genre vient donc à point pour dépoussiérer cet objet affectivement chargé. Comme dans sa version XIXe siècle, la médaille est prévue pour être gravée d’un nom, d’un message, et se pose en porte-bonheur. La différence, c’est qu’aujourd’hui, des bonheurs, on en veut en pagaille et que l’on superpose donc les plaquettes et leurs chaînes. Et si chacune est gravées d’un autre prénom? Qu’importe! Cette amulette est chose légère.